C'est l'heure où la ville est opaque ; seules quelques ombres subsistent. La marche se définit dans une trajectoire de sens et d'émotions. Seul ou accompagné, le souffle du mot prend corps dans le mouvement, l'espace et le temps. S'il me fallait dessiner le parcours de cette nuit, les noms de rue auraient des sourires, de la chaleur, des brises légères, des muscles chauds et tendus sous la peau.
L'émotion est subtile, timide. C'est une ombre dans la nuit. Le premier pas est doux.
Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies.
Montaigne, Michel de. 1854. Essais de Michel de Montaigne. Paris: Firmin Didot frères., chap. 25, livre I, p. 74